J’ai ouvert la fenêtre sur un fleuve de pourpre sinueux comme une sirène. Je m’approchais et je fus stupéfait que cet organisme soit encore plus étrange que je pensais. Est-ce une nouvelle espèce pas encore découverte ? Un extraterrestre ? Je ne saurais le dire, c’est la bestiole la plus bizarre que j’ai vu. À ce moment là, une longue tige lui sort du nez, et un petit oeil s’ouvre, juste en dessous de ma face. Une voix criarde sort d’on-ne-sait où
Bonjour, tu as entendu la parole sacrée ?
Je m’arrêta net et répondit Bonjour, non de quoi s’agit-il ?
Il s’agit de l’affaire de la plus haute importante !
Du siècle !
Comment cet individu peut-iel l’ignoré !!
Prenant mon sourire le plus enjôleur je lui dit :
Dans la vie, il y a deux catégories de personnes : celles qui savent faire des lasagnes, et celles qui savent les manger.
J’ai toujours préféré les manger crues, bien trempées dans du beurre et du sel. C’est ainsi que faisaient mes ancêtres, et c’est ainsi que le feront mes descendants, jusqu’à la fin des temps!

Alors que je partageais cette tradition culinaire ancestrale avec la créature, son œil unique s’illumina d’un éclat curieux.
Fascinant ! s’exclama-t-elle avec une voix qui semblait à présent moins criarde, plus mélodieuse.
Dans mon monde, nous avons également des traditions alimentaires uniques, mais rien de tel que des lasagnes crues trempées dans du beurre et du sel.
Intrigué, je m’assis plus confortablement sur le rebord de la fenêtre, face à cette entité mystérieuse.
Raconte-moi plus sur ton monde et ses traditions, demandai-je, oubliant presque l’étrangeté de la situation.
Avec un enthousiasme surprenant, la créature commença à décrire son monde lointain, un endroit où les rivières coulaient avec des liquides multicolores et où les arbres chantaient avec le vent.
Nous avons une fête, expliqua-t-elle, où nous célébrons la lune en préparant une soupe épicée avec des ingrédients qui changent à chaque cycle lunaire. Chaque ingrédient est choisi pour sa capacité à harmoniser notre énergie avec celle de l’univers.
Je l’écoutais, fasciné, réalisant que, malgré nos différences, il existait une sorte de connexion universelle dans la façon dont nous, et les créatures des autres mondes, trouvions du réconfort et du sens dans nos traditions, aussi bizarres ou étranges qu’elles puissent paraître.
Tu sais, dis-je après un moment de réflexion, peut-être que les lasagnes crues ne sont pas si étranges après tout. Peut-être qu’elles sont juste une autre façon de comprendre et de se connecter avec le monde qui nous entoure.
La créature hocha la tête, un petit sourire se formant autour de sa tige nasale. Peut-être, ami humain, que c’est la plus grande leçon de toutes.

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